L'Hamamélis, Hamamelis virginiana L., est un arbre natif des forêts humides de l'Amérique du Nord, qui ressemble au noisetier. Utilisés depuis des siècles par les peuples autochtones américains, ses feuilles ovales et son écorce sont encore aujourd'hui célèbres pour leurs vertus thérapeutiques. Reconnu pour ses propriétés veinotoniques, astringentes, et anti-inflammatoires, l'Hamamélis est particulièrement apprécié dans le traitement des jambes lourdes et des varices. Cependant, bien qu'il soit généralement bien toléré, il y a eu des cas isolés d'effets secondaires dus à un surdosage, à des réactions allergiques, ou à des conditions médicales particulières. Cet article fait le point sur les connaissances actuelles concernant les effets indésirables potentiels de l'Hamamélis.

Cet article a été mis à jour le 15/05/2024

Troubles intestinaux

La consommation excessive d'Hamamélis peut provoquer des troubles intestinaux et des brulures d’estomac. Ces effets secondaires seraient liés à sa teneur significative en tanins (de 3 à 12 %). En effet, les tanins sont connus pour leur propriété astringente (capacité à resserrer les tissus), utile pour préserver l’intégrité des vaisseaux sanguins ou en cas de diarrhée. En excès, c’est cette action qui peut perturber et irriter les muqueuses intestinales. Cependant, ces risques demeurent faibles aux doses recommandées pour son utilisation.

Irritation de la peau et allergie de contact

Bien que l'Hamamélis soit reconnu pour ses bienfaits sur la peau, il peut provoquer ou aggraver des réactions allergiques chez certains individus sensibles. Une étude incluant 29 personnes atteintes de dermatite a mis en lumière les risques d'allergie associés à l'Hamamélis. De plus, la propriété astringente des tanins qu’il contient peut avoir un effet asséchant sur la peau. Toutefois, ces réactions restent rares en cas de bon usage.

Néanmoins, l’Hamamélis étant couramment utilisé dans de nombreux produits cosmétiques, une vigilance accrue est nécessaire pour les personnes souffrant de dermatite. Il est essentiel pour ces dernières de lire attentivement les étiquettes des produits cosmétiques pour détecter la présence d'Hamamélis avant utilisation. Il est également conseillé de réaliser un test cutané au niveau du pli du coude avant d'utiliser tout nouveau produit.

Personnes à risque

L'Hamamélis, comme de nombreuses autres plantes, présente certaines contre-indications en raison de sa composition en substances actives.

  • Concernant les femmes enceintes ou allaitantes, les recommandations varient : à cause d’un manque de données, l'Agence Européenne du Médicament (EMA) applique le principe de précaution et déconseille son usage pour ces groupes. L'Agence Nationale de la Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail (ANSES) en France n'a, jusqu'à présent, émis aucune mise en garde spécifique concernant l'utilisation de compléments alimentaires à base d'Hamamélis.

  • L'EMA déconseille l'usage de l'Hamamélis chez les enfants de moins de 12 ans et suggère la prudence pour les adolescents de moins de 18 ans, particulièrement pour les applications locales anorectales dans le traitement des hémorroïdes.

Toxicité et interactions médicamenteuses

À part quelques cas exceptionnels d'hépatotoxicité liés aux tanins, l'Hamamélis n'a montré aucun autre effet toxique ou mutagène aux doses quotidiennes conseillées. De plus, aucune interaction avec d'autres médicaments n'a été observée en lien avec l'Hamamélis. Cependant, l'absence d'études spécifiques ne permet pas d'affirmer que les dérivés de l'Hamamélis sont totalement sans risques. Il est essentiel de rappeler que la surveillance des effets des médicaments et les recherches sur leurs interactions sont des champs qui évoluent continuellement.

Les connaissances actuelles peuvent être remises en question par de nouvelles études ou des rapports de cas cliniques. Ainsi, les professionnels de santé conseillent souvent de faire preuve de prudence lorsqu’on combine des traitements à base de plantes avec des médicaments conventionnels, surtout pour les traitements de longue durée. Dans de telles circonstances, il est recommandé de demander l’avis d’un médecin ou un pharmacien.

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Bibliographie

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