Une étude clinique publiée en 2025, a particulièrement attiré notre attention, à la fois pour son sujet et pour la qualité de la méthodologie. Il s’agit d’un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo (étude clinique à niveau de preuve élevé) sur les effets du Gattilier chez des femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Les résultats enregistrés se sont avérés significatifs et prometteurs sur certains marqueurs clés du SOPK (stress oxydatif, insulinorésistance, profil lipidique) et plusieurs signes cliniques (hirsutisme, troubles du cycle). Une belle avancée scientifique pour cette plante déjà reconnue en santé féminine pour réguler le cycle menstruel, soulager les douleurs liées au syndrome prémenstruel (SPM), limiter certains troubles de la ménopause et soutenir la fertilité !

Cet article a été mis à jour le 03/03/2026

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L'essentiel à retenir

Plante étudiée : Gattilier (Vitex agnus-castus), extrait standardisé à 5,8 mg/jour (0,42–0,82 mg d’aucubine), voie orale, 12 semaines.

Méthode et niveau de preuve : Essai clinique randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo (60 femmes SOPK, critères de Rotterdam). Aucune participante n’a quitté l’étude après inclusion (toutes ont terminé).

Résultats clés : le groupe « Gattilier » montre plusieurs améliorations significatives (antioxydants, cholestérol, glycémie à jeun, insulinorésistance, hirsutisme, durée des cycles...).

Tolérance : aucun effet indésirable signalé sur 12 semaines.

Conclusion : les auteurs de d'étude reconnaissent le bénéfice clinique apporté par le Gattilier. Ils encouragent à la poursuite de recherches en tant que traitement complémentaire du SOPK.

Pourquoi cette étude fait avancer la science ?

Le SOPK touche 6 à 22 % des femmes en âge de procréer et s’accompagne de troubles du cycle et de complications métaboliques (insulinorésistance, dyslipidémie) aggravés par un stress oxydatif chronique — un cercle vicieux entre radicaux libres et défenses antioxydantes débordées.

Le Gattilier (Vitex agnus-castus), déjà reconnu en gynécologie dans les troubles du cycle, le SPM, la ménopause... possède aussi un riche profil antioxydant (quercétine, lutéoline, resvératrol…). Pourtant, aucun essai clinique rigoureux n’avait encore évalué son action globale sur le SOPK — stress oxydatif, métabolisme et signes cliniques compris. C’est précisément ce que cette équipe de chercheurs a réalisé, avec une méthodologie solide (randomisation, double aveugle, placebo, analyse ANCOVA) lui conférant un niveau de preuve élevé pour un essai de cette taille.

Les participantes de l'étude n’ont pas été privées de leur traitement habituel (metformine et contraceptif oral). L’étude a donc évalué l’apport complémentaire du Gattilier, ce qui reflète une situation clinique réaliste. Par ailleurs, les deux groupes étaient bien équilibrés à l’inclusion : même âge moyen (environ 26 ans), même IMC (environ 26 kg/m²), et aucune participante n’a quitté l’étude (zéro abandon).

Quels sont les résultats les plus significatifs ?

Sur le métabolisme (glycémie, résistance à l’insuline, profil lipidique)

L’étude met en évidence :

  • une diminution de la glycémie à jeun,
  • une amélioration significative de l’indice HOMA-IR, marqueur clé de la résistance à l’insuline.
  • une augmentation du HDL cholestérol, une diminution du LDL cholestérol et du cholestérol total,

Ces effets sont particulièrement intéressants, étant donné que la résistance à l’insuline est un facteur central du SOPK et qu'elle contribue à l’hyperandrogénie et aux troubles du cycle.

Tous ces résultats suggèrent un impact favorable sur le terrain cardio-métabolique souvent fragilisé dans le SOPK.

Sur le stress oxydatif

Après 12 semaines de supplémentation en Gattilier, les résultats montrent :

  • une augmentation marquée de la capacité antioxydante totale,
  • une diminution significative des marqueurs d’oxydation (index de stress oxydatif, malondialdéhyde),
  • une amélioration globale de l’équilibre oxydatif par rapport au placebo.
  • Un renforcement des défenses antioxydantes (augmentation de l’activité de la glutathion peroxydase, hausse importante du glutathion réduit, augmentation du pool de thiols totaux).

Ces mécanismes participent à la protection cellulaire et à la limitation des dommages oxydatifs impliqués dans les troubles métaboliques et hormonaux du SOPK. Le stress oxydatif joue en effet un rôle central dans la physiopathologie du SOPK, en favorisant la résistance à l’insuline et les dysfonctionnements ovariens.

Sur les signes cliniques du SOPK

Au‑delà des marqueurs biologiques, des bénéfices cliniques ont été observés dans le groupe Gattilier, comparé au placebo :

  • diminution du score d’hirsutisme (score de Ferriman‑Gallwey modifié),
  • augmentation significative de la fréquence menstruelle,
  • réduction du volume ovarien gauche.

La recherche rapporte ainsi des évolutions quantitatives sur des paramètres cliniques pertinents. Ces améliorations ont un impact direct sur la qualité de vie et la santé reproductive.

Comment les auteurs expliquent ces effets ?

Les auteurs proposent quatre mécanismes complémentaires pour expliquer ces résultats :

1. Action antioxydante directe : les composés phénoliques du Gattilier (acide vanillique, quercétine, lutéoline…) renforcent les défenses cellulaires en stimulant la production d’enzymes antioxydantes (GPx, GSH), ce qui réduit les dommages oxydatifs impliqués dans la dérégulation de l’insuline et de la fonction ovarienne.

2. Modulation dopaminergique : en agissant sur les récepteurs D2 de la dopamine, le Gattilier pourrait réduire la sécrétion de prolactine, favorisant ainsi la régularité menstruelle et l’ovulation.

3. Régulation de l’axe hormonal : en modulant l’expression du gène KISS-1, impliqué dans la sécrétion pulsatile de GnRH (hormone contrôlant l’ovulation et l’équilibre des hormones reproductives).

4. Effet hypoglycémiant : en inhibant les enzymes digestives alpha-amylase et alpha-glucosidase, le Gattilier pourrait limiter les pics de glycémie après les repas, contribuant indirectement à améliorer l’insulinorésistance et, par cascade, les signes d’hyperandrogénie (comme l’hirsutisme).

Points forts et limites

Malgré des résultats encourageants, cette étude présente plusieurs limites que les auteurs eux-mêmes soulignent comme :

  • Durée courte (12 semaines) : ne permet pas de conclure sur le long terme.
  • Étude monocentrique avec un échantillon modeste : généralisation limitée.
  • Pas de stratification selon les phénotypes de SOPK, l'IMC ou la sévérité de l’insulinorésistance.
  • Dose unique testée : 5,8 mg/jour est une dose basse par rapport aux 20–40 mg utilisés dans d’autres indications (SPM, mastodynie). Aucune relation dose-effet n’a pu être établie.

Concernant les points forts : le design randomisé double aveugle avec placebo, l’absence totale de perdus de vue (0/60), l’utilisation de l’ANCOVA pour ajuster les différences de base, et la multiplicité des marqueurs explorés constituent des atouts méthodologiques solides. La dose faible utilisée (5,8 mg) laisse par ailleurs entrevoir un potentiel d’optimisation avec des posologies plus élevées.

En conclusion

Les auteurs recommandent aux professionnels de santé de considérer l’extrait de fruit de Gattilier, comme une thérapie complémentaire bénéfique pour la prise en charge du SOPK, en particulier chez les patientes souhaitant des alternatives naturelles, dans le cadre d’un plan de traitement individualisé.

Des recherches futures devront explorer les effets à long terme, les relations dose-réponse, l’impact sur les biomarqueurs hormonaux (LH/FSH, SHBG), et inclure des populations plus larges et plus diversifiées, en distinguant les différents phénotypes de SOPK.

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Bibliographie

Publication : Hatami, A., Seidi, F., Khosrowbeygi, A., Moslemi, A., & Jalali-Mashayekhi, F. (2025). The Effect of Vitex Agnus - Castus Plant on Some Markers of Oxidative Stress, Lipid Profile and Insulin Resistance in Women with Polycystic Ovary Syndrome: A Randomized, Double-Blind Controlled Clinical Trial Study. JBRA assisted reproduction, 10.5935/1518-0557.20250165. Advance online publication. https://doi.org/10.5935/1518-0557.20250165

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