L'EGCG, ou épigallocatéchine gallate, est la catéchine la plus abondante du thé vert : elle représente 50 à 80 % des catéchines de la feuille de Camellia sinensis et concentre l'essentiel des propriétés documentées de la plante. C'est un antioxydant puissant, capable de neutraliser directement les radicaux libres, qui agit aussi sur le métabolisme des graisses et parvient à atteindre le cerveau. C'est enfin la molécule de référence pour juger la qualité d'un extrait : un bon complément de thé vert se reconnaît d'abord à son titrage en EGCG.
L'EGCG est un polyphénol de la famille des flavan-3-ols, plus connus sous le nom de catéchines. Son nom complet est épigallocatéchine-3-gallate. On la trouve dans les feuilles du théier, Camellia sinensis, et tout particulièrement dans le thé vert. À la différence du thé noir, le thé vert n'est pas fermenté : les feuilles sont séchées rapidement après la récolte, ce qui préserve les catéchines de l'oxydation et explique leur concentration élevée.
Les catéchines représentent environ un quart à un tiers du poids sec de la feuille de thé vert. Elles forment une famille de huit composés apparentés, parmi lesquels l'EGCG est de loin le plus abondant. Une tasse de thé vert infusé apporte, selon le thé et la durée d'infusion, de l'ordre de 50 à 150 mg d'EGCG, avec des écarts importants d'une préparation à l'autre. Cette richesse en catéchines explique une grande partie des bienfaits du thé vert.
Sur le plan chimique, l'EGCG est l'ester d'une épigallocatéchine et d'acide gallique. Sa structure porte huit groupements hydroxyle répartis sur ses cycles, dont un noyau trihydroxylé et un groupement galloyle. Ces groupements hydroxyle sont la clé de son pouvoir antioxydant : ce sont eux qui réagissent directement avec les radicaux libres pour les neutraliser.
L'EGCG agit par plusieurs mécanismes complémentaires, dont la solidité scientifique varie. Trois d'entre eux sont aujourd'hui bien identifiés.
Un antioxydant direct. Le mécanisme le mieux établi est l'action antioxydante. Grâce à ses groupements hydroxyle, l'EGCG piège les radicaux libres et les espèces réactives de l'oxygène, ces molécules instables qui endommagent les constituants de la cellule. Cette capacité à protéger les cellules contre le stress oxydatif est documentée au niveau moléculaire et constitue le socle des propriétés antioxydantes du thé vert.
Une stimulation de la thermogenèse. L'EGCG inhibe une enzyme, la catéchol-O-méthyltransférase (COMT), chargée de dégrader la noradrénaline. En ralentissant cette dégradation, il prolonge l'action de la noradrénaline sur le système nerveux sympathique, ce qui augmente légèrement la dépense énergétique et l'oxydation des graisses. L'effet sur la dépense énergétique sur vingt-quatre heures est réel mais modeste, de l'ordre de quelques pour cent, et il est renforcé par la caféine naturellement présente dans le thé vert, qui agit par une voie différente. C'est ce mécanisme qui sous-tend l'intérêt du thé vert dans une démarche de perte de poids, en accompagnement de mesures alimentaires.
Un passage de la barrière hémato-encéphalique. L'EGCG fait partie des rares molécules végétales capables de franchir la barrière hémato-encéphalique et d'atteindre le tissu cérébral. Les travaux sur ses effets neuroprotecteurs — réduction du stress oxydatif neuronal, action sur l'agrégation de certaines protéines impliquées dans les maladies neurodégénératives — sont aujourd'hui essentiellement précliniques, menés sur des modèles cellulaires et animaux. Ils dessinent une piste de recherche prometteuse, sans permettre de conclure pour l'instant à un bénéfice clinique établi chez l'humain.
La principale limite de l'EGCG est sa faible biodisponibilité par voie orale. La molécule est peu stable dans le tube digestif et dans le sang : une grande partie n'est pas absorbée, et la fraction qui parvient dans la circulation est rapidement transformée puis éliminée en quelques heures. La quantité d'EGCG réellement disponible pour l'organisme reste donc faible, ce qui explique pourquoi la dose apportée par un complément compte autant.
Deux leviers permettent d'améliorer cette absorption. Le premier est la vitamine C : l'acide ascorbique protège l'EGCG de la dégradation oxydative dans le tube digestif et augmente la quantité qui parvient à passer dans le sang. Le second est plus délicat à manier. Les données de pharmacocinétique montrent que la prise à jeun, en une seule fois, augmente nettement la concentration sanguine d'EGCG par rapport à une prise au cours d'un repas et fractionnée. L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a documenté cette différence.
Cette prise à jeun n'est pourtant pas recommandée. L'élévation du pic sanguin qu'elle provoque est associée au risque hépatique de l'EGCG aux doses élevées. Les autorités sanitaires recommandent donc de consommer les extraits de thé vert au cours d'un repas, ce qui abaisse le pic et améliore la tolérance, au prix d'une absorption un peu moindre.
Les étiquettes des compléments à base de thé vert affichent souvent un titrage en « polyphénols totaux », parfois supérieur à 90 %. Ce chiffre est avantageux à présenter, mais peu informatif. Les polyphénols totaux regroupent un grand nombre de composés différents : l'ensemble des catéchines, mais aussi d'autres molécules sans rapport direct avec l'activité recherchée. Un titrage élevé en polyphénols totaux ne garantit donc pas une teneur élevée en EGCG.
Le titrage en EGCG est plus précis et plus utile, pour deux raisons. D'abord, l'EGCG est la catéchine qui concentre l'essentiel des données scientifiques : c'est sa quantité, et non celle des polyphénols en général, qui détermine l'effet attendu. Ensuite, l'EGCG est aussi la molécule qui porte le seuil de sécurité réglementaire. Connaître son titrage, c'est donc à la fois savoir quelle dose active on consomme et pouvoir rester sous le plafond autorisé. À quantité d'extrait égale, deux produits affichant tous deux 95 % de polyphénols peuvent délivrer des quantités d'EGCG très différentes : seul le titrage en EGCG permet de les comparer.
Les extraits de thé vert se répartissent en trois grandes catégories selon leur degré de concentration et leur titrage en EGCG. L'écart de teneur en actif d'une catégorie à l'autre est considérable.
| Critère | Extrait aqueux | Concentré standardisé | Ultra-concentré |
|---|---|---|---|
| Titrage en EGCG | environ 4 % | environ 45 % | 90 % et plus |
| Dose d'EGCG délivrée | Faible, non titrée | Élevée et mesurée | Très élevée |
| Point de vigilance | Teneur non quantifiée | Compromis dose / sécurité | Peut dépasser 800 mg/jour |
Le risque hépatique de l'EGCG mérite d'être correctement compris, car il est souvent mal présenté. Il ne tient pas au pourcentage de titrage en lui-même, mais à la dose quotidienne d'EGCG ingérée. En 2018, l'EFSA a conclu qu'une consommation supérieure ou égale à 800 mg d'EGCG par jour, sous forme de complément, est associée à une élévation des transaminases hépatiques chez une faible part des consommateurs, généralement moins de 10 %. Depuis 2022, la réglementation européenne limite en conséquence la teneur en EGCG d'une portion à moins de 800 mg.
En dessous de ce seuil, aucun signe de toxicité hépatique n'a été observé dans les essais cliniques, sur des durées allant jusqu'à douze mois, même si de rares réactions individuelles imprévisibles restent possibles. Les extraits ultra-concentrés titrés à 90 % ou plus ne sont donc pas dangereux par nature : ils le deviennent lorsque leur dosage conduit à approcher ou à dépasser ce plafond. Ce point est développé dans la page consacrée au thé vert et au foie.
Un bon extrait de thé vert se reconnaît à quelques critères objectifs, tous liés à la quantité d'EGCG réellement apportée. Il affiche un titrage en EGCG, et pas seulement en polyphénols totaux. Il délivre une dose quotidienne d'EGCG cohérente avec celle des études cliniques — la recherche a porté sur des doses de l'ordre de 100 à 460 mg par jour — tout en restant nettement sous le seuil de 800 mg. Il permet d'atteindre cette dose en un nombre réduit de prises, là où les poudres de feuilles non concentrées en imposent souvent davantage pour une teneur non mesurée. Enfin, parce qu'il contient de la caféine et présente un enjeu hépatique propre, il se prend au cours d'un repas et en première partie de journée.
Extrait concentré titré en EGCG, de l'ordre de 40 à 50 %, apportant environ 200 mg d'EGCG par jour en deux prises, avec les titrages en polyphénols, catéchines et EGCG affichés sur l'étiquette.
Extrait titré apportant une centaine de milligrammes d'EGCG par jour : le titrage est communiqué, mais la dose d'actif reste plus modeste pour un nombre de gélules équivalent.
Poudre de feuilles ou extrait aqueux non concentré, sans titrage en EGCG ni en catéchines, nécessitant davantage de gélules pour une teneur en actif non quantifiée.
Extrait ultra-concentré dont le dosage approche ou dépasse 800 mg d'EGCG par jour, ou produit n'affichant qu'un titrage en polyphénols totaux sans aucune valeur d'EGCG.
Note moyenne: 0 ( 0 votes )
" Parfait petit livret sur l'utilisation des huiles essentielles. Tres bien confectionne. "
Nathalie