Les hydrolats sont la version douce de l’aromathérapie. Composés majoritairement d’eau et des composés hydrosolubles de la plante, ils sont parfaitement bien tolérés par les utilisateurs sensibles telles que les femmes enceintes, les jeunes enfants ou les personnes âgées. A contrario de certaines huiles essentielles qui présentent de nombreuses contre-indications et risques d’utilisation, les hydrolats possèdent une innocuité quasi parfaite. Toutefois, certaines molécules aromatiques sont en partie hydrosolubles et peuvent se retrouver dans les hydrolats, comme les cétones. Quelques hydrolats font donc exception à la règle et présentent des contre-indications.

L’aromathérapie version douce pour les femmes enceintes et enfants

Lorsqu’on parle d’aromathérapie, on la limite bien souvent aux huiles essentielles : des concentrés de molécules aromatiques très actifs, mais qui présentent de nombreuses contre-indications et risques d’utilisation. La plupart des huiles essentielles sont de ce fait déconseillées aux femmes enceintes, aux enfants, et de manière générale aux utilisateurs sensibles. Ces utilisateurs doivent-ils pour autant se priver des bienfaits de l’aromathérapie ? Non bien sûr. Les hydrolats sont une branche à part entière de l’aromathérapie, au même titre que les huiles essentielles. Majoritairement composés d’eau, ils contiennent toutes les molécules hydrosolubles actives de la plante ainsi qu’une infime part de molécules aromatiques. Ils sont de ce fait très doux, et pourtant actifs, raison pour laquelle ils sont privilégiés pour les jeunes enfants et les femmes enceintes. Et à chaque problème son hydrolat ! Femmes enceintes, allaitantes, enfants ou bébés, voici quelques situations où les hydrolats pourront être d’un grand secours. Pour en savoir plus sur les utilisations de chacun, n’hésitez pas à consulter leur page dédiée.

Les hydrolats des bébés et enfants (à partir de 3 mois)

  • Erythème fessier : hydrolats de Rose, Lavande Vraie, Géranium, Camomille Matricaire ou Romaine
  • Poussée dentaire : hydrolats de Camomille Romaine ou Lavande Vraie
  • Coliques et colites : hydrolats de Camomille Romaine ou Mélisse
  • Constipation : hydrolats de Verveine Citronnée ou Basilic
  • Hyperactivité ou caprices : hydrolats de Camomille Romaine, Rose de Damas, Lavande Vraie ou Fleur d'Oranger
  • Insomnie, cauchemars, angoisse : hydrolats de Fleur d’Oranger, Camomille Romaine, Rose de damas, Tilleul ou Lavande Vraie
  • Défenses immunitaires : hydrolat de Thym à linalol
  • Croûtes de lait : hydrolats de Lavande Vraie ou Géranium

Les hydrolats des femmes enceintes ( de + de 3 mois) et allaitantes

  • Nausées de grossesse : hydrolats de Basilic, Bergamote, Mélisse ou Fleur d’Oranger
  • Mamelons irrités, gerçés : hydrolats de Rose de Damas ou Lavande

Quelques contre-indications particulières

Si les hydrolats ont pour la plupart une innocuité quasi parfaite, certains en revanche peuvent présenter quelques contre-indications. Cela s’explique, encore une fois, par leur composition. Les analyses et recherches actuelles sur les hydrolats sont encore aujourd’hui assez rares, et la composition de tous les hydrolats n’est pas connue précisément. Contrairement aux huiles essentielles où une analyse chromatographique est toujours réalisée, la concentration moléculaire des hydrolats est trop faible pour être systématiquement analysée. On se base alors sur les quelques analyses disponibles çà et là, et sur une analyse théorique basée sur la chimie des molécules. En effet, on sait que les hydrolats vont contenir les molécules hydrosolubles de la plante, mais aussi quelques molécules aromatiques. Bien que les huiles essentielles soient insolubles dans l’eau, certaines molécules aromatiques présentent une bonne solubilité dans celle-ci. C’est le cas des cétones par exemple, dont la toxicité est à nuancer mais qui peuvent présenter des risques, notamment abortifs ou convulsifs. Sur cette analyse théorique, on sait donc que des molécules comme les cétones, mais aussi les phénols ou des phyto-hormones sont susceptibles de se retrouver dans les hydrolats.

Ces mises en gardes sont données à titre informatif et préventif : il n’y a jamais eu d’intoxication aux hydrolats, si ce n’est quelques réactions cutanées légères.

Les hydrolats déconseillés aux femmes enceintes et enfants

Par mesure de précaution, les hydrolats susceptibles de contenir des cétones ou du camphre sont déconseillés aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux enfants de moins de 3 ans ou moins de 6 ans. Voici quelques exemples :

  • Hydrolats susceptibles de contenir du camphre : Achillée Millefeuille, Angélique…
  • Hydrolats susceptibles de contenir des cétones : Menthe Poivrée, Hysope officinale, Sauge Sclarée, Cèdre de l’Atlas…
  • Hydrolats susceptibles de contenir des phénols : Origan, Sarriette, Clou de Girofle…
  • Hydrolats susceptibles de contenir des phyto-hormones (ces hydrolats ne doivent pas être utilisés en cas de pathologie hormono-dépendante, mastose, fibrome) : Sauge Sclarée et Officinale, Cyprès de Provence, Hysope Officinale…
Risque allergique

Parmi les risques que peuvent présenter les hydrolats, il y a également un risque allergisant ou irritant. Une allergie à une huile essentielle peut induire une allergie à l’hydrolat correspondant. Dans ce cas, un test allergique simple peut être réalisé, le même que pour les huiles essentielles : déposer 2 gouttes de l’hydrolat au creux du coude et observer si une rougeur apparait dans les 24h.

Risque d’irritation

Les hydrolats contenant des phénols tels que la Cannelle, l’Origan ou la Sarriette peuvent provoquer de légères irritations cutanées sur les peaux les plus sensibles. Pour prévenir cela il est possible avant tout de réaliser un test allergique, puis de diluer l’hydrolat dans de l’eau avant utilisation.

Risque hépatotoxique

Les hydrolats contenant des phénols tels que la Cannelle, l’Origan ou la Sarriette peuvent occasionner de légers troubles hépatiques lorsqu’ils sont utilisés sur de longues périodes. Bien que le risque d’accoutumance avec les hydrolats soit moindre, il est dans ce cas préférable de les utiliser sur de courtes durées.

Risque de photosensibilisation

Certains hydrolats ne doivent pas être appliqués avant une exposition au soleil. Ils contiennent des molécules photosensibilisantes, pouvant entraîner des réactions cutanées modérées. C’est le cas des coumarines dans les hydrolats d’agrumes (Citron, Pamplemousse, etc.) ou des hydrolats de Carotte et d’Angélique.

Bibliographie

Ouvrage : Faucon, M., & Canac, P. (2018). Traité d'Aromathérapie scientifique et médicale, les hydrolats (1st ed.). Paris: Éd. Sang de la Terre.

Ouvrage : Dalmas, P. (2012). Guide des eaux florales et hydrolats. Paris: Éd. Médicis.

Ouvrage : Zahalka, J. P. (2017). Dictionnaire complet des hydrolats et eaux florales: 100 pathologies traitées. -: Dauphin.

Ouvrage : Bosson, L. (2015). Hydrolathérapie. Bruxelles: Editions Amyris.

Ouvrage : Jaffrelo, A. (2015). L'aromathérapie des petits. Editions Alternatives.

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