L'Harpagophytum (Harpagophytum procumbens) est la plante de référence en phytothérapie équine pour le confort articulaire. Ses propriétés anti-inflammatoires et analgésiques, liées principalement à l'harpagoside, en font un complément utilisé aussi bien chez le cheval âgé souffrant d'arthrose que chez le cheval de sport en récupération ou en entretien préventif. Les données cliniques spécifiques au cheval restent limitées, mais convergent vers un bénéfice réel sur la douleur et la mobilité articulaires. L'harpagophytum est toutefois classé substance prohibée en compétition équestre : un protocole de sevrage avant toute épreuve officielle est impératif.
Cet article a été mis à jour le 30/03/2026L'harpagophytum est utilisé chez le cheval pour ses propriétés anti-inflammatoires et analgésiques à visée articulaire. L'harpagoside, son principe actif principal, agit en inhibant l'expression de la cyclooxygénase-2 (COX-2) et des cytokines pro-inflammatoires. Ce mécanisme réduit l'inflammation au niveau des articulations et atténue la douleur, procurant une meilleure amplitude de mouvement.
Les lésions ostéo-articulaires s'accumulent au fil des années et ne guérissent pas : elles s'aggravent progressivement. Chez le cheval âgé, l'harpagophytum est utilisé pour soulager les douleurs d'arthrose, réduire les raideurs matinales et améliorer la qualité de vie au quotidien. Un des intérêts majeurs de la plante dans ce contexte est de limiter le recours aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme la phénylbutazone, dont la toxicité gastrique rend l'usage prolongé problématique. Chez le vieux cheval au pré, l'harpagophytum peut être distribué en continu : l'effet bénéfique se maintient dans la durée sans phénomène d'accoutumance notable.
Les articulations du cheval de sport subissent des contraintes mécaniques importantes : sauts, réceptions, flexions répétées et travail sur sols variés. L'harpagophytum est utilisé en cure après des périodes d'effort intense ou en phase de repos actif, pour favoriser la récupération articulaire et musculaire. L'éparvin osseux (arthrose du jarret), fréquent chez le cheval de sport, fait partie des indications les plus documentées.
En cure saisonnière ou régulière (par exemple, 10 jours par mois ou lors des changements de saison), l'harpagophytum contribue à l'entretien du confort articulaire, y compris chez des chevaux encore jeunes mais soumis à un travail exigeant. Cette approche préventive vise à préserver le capital articulaire avant l'apparition de lésions installées.
La seule étude clinique spécifiquement menée chez le cheval sur l'efficacité de l'harpagophytum reste celle de Montavon (1994), publiée dans Pratique Vétérinaire Équine. L'essai a comparé une préparation phytothérapeutique à base d'harpagophytum à la phénylbutazone chez 20 chevaux atteints d'éparvin osseux. Après 12 semaines, le groupe supplémenté en harpagophytum présentait une amélioration des symptômes (boiterie, test de flexion, douleur à la voûte), avec un maintien des bénéfices observé 30 jours après l'arrêt de la supplémentation. Les auteurs concluent que la préparation constitue une alternative à la phénylbutazone pour le traitement chronique de l'éparvin.
Cette étude présente des limites à prendre en compte : la préparation testée contenait aussi du cassis, de la prêle et du saule blanc (dont les dosages respectifs ne sont pas précisés), le nombre de sujets était restreint (10 par groupe), et l'évaluation de la boiterie reposait sur un examen clinique subjectif. D'autres essais contrôlés, en aveugle et sur des effectifs plus larges, seraient nécessaires pour confirmer ces résultats. Plus récemment, Axmann et al. (2019) ont étudié la pharmacocinétique de l'harpagoside chez le cheval, fournissant pour la première fois des données quantitatives sur l'absorption et l'élimination du principe actif. L'harpagoside est détectable dans le plasma jusqu'à 9 heures après administration, avec un pic de concentration atteint en 1 heure et une demi-vie d'environ 2,3 à 2,5 heures. Aucun effet secondaire gastro-intestinal n'a été observé dans le cadre de cette étude pharmacocinétique.
L'harpagophytum se décline en plusieurs formes adaptées au cheval. Le choix dépend de l'objectif visé (cure d'attaque, entretien, soulagement local) et de l'acceptation par l'animal. L'apparition des effets demande généralement 2 à 3 semaines de supplémentation régulière.
C'est la forme la plus courante et la mieux documentée en pratique vétérinaire équine. La poudre de racine d'harpagophytum ou les granulés sont mélangés directement dans la ration quotidienne du cheval. La plupart des produits du marché proposent de l'harpagophytum pur, parfois associé à d'autres plantes comme la prêle. Les posologies sont adaptées au poids du cheval (les valeurs ci-dessous s'entendent pour un cheval d'environ 500 kg) et à la concentration du produit.
L'extrait liquide d'harpagophytum se trouve pur ou associé à d'autres plantes (cassis, prêle) ou compléments articulaires (glucosamine, chondroïtine, MSM). Il s'administre dans la ration ou directement dans la bouche à la seringue. L'odeur de l'extrait liquide peut réduire l'appétence chez certains chevaux, ce qui en limite parfois l'usage pratique.
Les gels à base d'harpagophytum sont moins répandus que les formes orales, mais peuvent les compléter pour des douleurs articulaires très localisées (jarret, boulet, genou) ou des troubles tendineux. Le massage des zones douloureuses chez le cheval requiert les compétences d'un professionnel (vétérinaire, ostéopathe équin) capable de détecter et d'interpréter les réponses de l'animal.
| Objectif | Forme | Dose / jour (~500 kg) | Durée |
|---|---|---|---|
| Cure d'attaque (douleurs installées) | Poudre / granulés | 15 à 20 g | 2 à 3 semaines |
| Entretien (confort au long cours) | Poudre / granulés | 8 à 10 g | Continue ou 10 j/mois |
| Cure prolongée (> 3 semaines) | Poudre / granulés | Réduire à demi-dose | Max. 6 sem. sans pause |
| Douleur localisée | Gel topique | Selon produit | Selon besoin |
L'harpagophytum est classé parmi les substances prohibées dans le sport et les courses hippiques. Cette classification repose sur les propriétés anti-inflammatoires et analgésiques de l'harpagoside, susceptible d'altérer la performance du cheval ou de masquer une douleur lors de la compétition. La réglementation distingue clairement deux catégories de substances.
« L'harpagophytum est interdit : on ne peut jamais en donner à un cheval de compétition. »
L'harpagophytum est prohibé, pas interdit. Il peut être utilisé en dehors des périodes de compétition, à condition d'être éliminé de l'organisme du cheval avant le jour de l'épreuve. Les substances réellement interdites (anabolisants, EPO, facteurs de croissance) ne sont en aucun cas autorisées.
En France, la Fédération Nationale des Courses Françaises (FNCF) a classé l'harpagophytum parmi les substances prohibées en 2008, aux côtés de l'éleuthérocoque, en raison de l'harpagoside et de ses effets anti-inflammatoires. La Fédération Équestre Internationale (FEI) maintient également l'harpagoside sur sa liste de substances contrôlées. En France, l'Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) est compétente pour les sanctions, qui peuvent aller de l'interdiction temporaire de compétition à des sanctions financières pour le propriétaire ou l'entraîneur.
La FNCF précise qu'aux doses habituellement prescrites, l'harpagoside s'élimine rapidement, normalement en moins de 24 heures. Les données pharmacocinétiques d'Axmann et al. (2019) confirment que l'harpagoside n'est plus détectable dans le plasma 9 heures après une administration unique. Toutefois, le temps de détection ne correspond pas au temps d'élimination : une marge de sécurité doit être appliquée pour tenir compte de la variabilité individuelle (métabolisme, état de santé, pH urinaire, contamination résiduelle de la litière).
En pratique, les fabricants de compléments équins et les vétérinaires recommandent de stopper la distribution d'harpagophytum au minimum 48 à 72 heures avant toute épreuve officielle. Certains laboratoires (Reverdy, ESC Laboratoire) indiquent un délai de 72 heures. L'administration est interdite dès que le cheval est déclaré partant.
L'harpagophytum est globalement bien toléré chez le cheval. Aucun effet indésirable grave n'a été rapporté dans la littérature vétérinaire aux doses recommandées. Plusieurs situations imposent toutefois la prudence ou l'abstention.
Les effets secondaires de l'harpagophytum sont rares aux doses recommandées. Des troubles digestifs légers (baisse d'appétit, selles molles) peuvent survenir en début de cure. Des réactions allergiques de type urticaire ont été rapportées de façon exceptionnelle. En cas de symptômes inhabituels, la supplémentation doit être suspendue et un vétérinaire consulté. Les données de sécurité spécifiques au cheval restent limitées : les contre-indications sont largement extrapolées des données humaines et de l'expérience vétérinaire de terrain. Un avis vétérinaire est recommandé avant toute supplémentation, en particulier chez un cheval sous traitement médicamenteux ou présentant des antécédents digestifs. L'harpagophytum est également utilisé chez d'autres espèces animales, notamment chez le chien et le chat, avec des posologies et précautions adaptées.
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Publication : Bietrix, J. (2004). Utilisation des nutraceutiques dans la gestion de l’arthrose du cheval [Thèse pour obtenir le grade de Docteur Vétérinaire]., Université Claude Bernard Lyon 1
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Publication : Fédération nationale des courses hippiques. (2017). Note aux entraineurs.
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Site Web : Le dopage chez le cheval | CLINIQUE VETERINAIRE DU CRES. (s. d.). https://www.veterinaire-lecres.com/Publication/Show.aspx?item=2463&code=pub_heinf#:~:text=Le%20dopage%20des%20chevaux%20afin,'eau%20ou%20de%20vinaigre
Site Web : Lhérété, A. (2022, 17 février). Les bienfaits de l’Harpagophytum chez les chevaux. La Compagnie des Animaux.com. https://www.lacompagniedesanimaux.com/conseil-veterinaire/les-bienfaits-de-lharpagophytum-chez-les-chevaux.html?srsltid=AfmBOoqQ5JOjA63kH5HYLjpq_jdxH1dXE9wQOF3-Df7-tW1XA8aI7lrx
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