Les maladies hépatiques chroniques restent difficiles à prendre en charge, et la recherche de solutions complémentaires pour soutenir le foie est un enjeu concret pour de nombreux patients. Une revue systématique publiée dans « Cureus » en 2023 a compilé les données de 29 essais cliniques randomisés, portant sur 3 846 participants, afin d'évaluer l'effet de la silymarine sur les enzymes hépatiques. Le bilan global est encourageant, avec des résultats variables selon la pathologie et le dosage.

Cet article a été mis à jour le 18/05/2026
L'essentiel — Sur 29 essais cliniques randomisés (3 846 participants), près de deux tiers rapportent une baisse des enzymes hépatiques sous silymarine, à des doses de 140 à 420 mg par jour. Les résultats les plus nets concernent la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD ou NASH).

Accès à l'étude complète : DOI 10.7759/cureus.47608

Près de deux études sur trois montrent une amélioration des marqueurs hépatiques

Parmi les 29 essais passés au crible, 19 (65,5 %) ont observé une diminution des enzymes du foie — ALAT, ASAT et parfois PAL — après la prise de silymarine. Six études (20,7 %) n'ont relevé aucun changement significatif, tandis que quatre (13,8 %) ont noté une légère hausse, sans gravité rapportée.

Les baisses les plus nettes ont été documentées chez des patients atteints de stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD ou NASH), une affection où le foie accumule des graisses en dehors de toute consommation excessive d'alcool. Plusieurs essais menés sur d'autres contextes — traumatismes abdominaux, hypoxie, COVID-19 — ont également relevé une diminution des enzymes, mais ces résultats demandent confirmation.

Les 29 essais, tous randomisés, ont été identifiés dans la base PubMed/MEDLINE et évalués selon les lignes directrices PRISMA 2020. Ils rassemblaient 3 846 participants adultes, avec des dosages de silymarine allant de 140 à 420 mg par jour et des durées de suivi de quelques jours à deux ans. La qualité méthodologique, évaluée par l'outil Cochrane RoB 2.0, variait d'une étude à l'autre, et la revue ne comportait pas de méta-analyse : les résultats sont donc à considérer comme une tendance convergente plutôt qu'une preuve définitive.

Message clé — La stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD ou NASH) ressort comme le contexte clinique où la silymarine montre le plus régulièrement une baisse des enzymes hépatiques, à des doses d'au moins 140 mg par jour pendant deux mois minimum.

La silymarine, un complexe de molécules aux propriétés hépatoprotectrices

La silymarine est le principal complexe actif issu des graines du Chardon-Marie (Silybum marianum), une plante de la famille des Astéracées utilisée en médecine traditionnelle européenne et asiatique. Elle est composée de plusieurs flavonolignanes — dont la silybine, la silydianine et la silychristine — qui agissent en synergie.

Son mode d'action repose sur plusieurs mécanismes complémentaires :

  • Antioxydant : elle neutralise les radicaux libres et renforce les défenses cellulaires du foie, notamment en augmentant les niveaux de glutathion et l'activité de la superoxyde dismutase.
  • Anti-inflammatoire : elle module certaines voies de signalisation impliquées dans la progression de la fibrose hépatique.
  • Hépatoprotecteur : elle stabilise les membranes des hépatocytes (les cellules du foie) et stimule leur régénération.

Les recommandations de la région Asie-Pacifique pour la prise en charge de la stéatose hépatique non alcoolique mentionnent d'ailleurs la silymarine parmi les options thérapeutiques envisageables, en complément des mesures hygiéno-diététiques.

💡 Bien choisir un complément à base de Chardon-Marie — Tous les compléments ne se valent pas. Les poudres brutes de graines contiennent entre 1,5 et 3 % de silymarine seulement, tandis que les extraits standardisés atteignent 70 à 80 %. Pour un soutien hépatique efficace, il est recommandé de privilégier un extrait titré à au moins 80 % en silymarine, sous forme de gélules d'origine végétale. Les données cliniques suggèrent qu'un apport quotidien d'au moins 140 mg de silymarine est nécessaire pour envisager un effet de soutien hépatique. La prise avec un repas contenant des lipides peut améliorer l'absorption.

Un effet variable selon la pathologie et le dosage

NASH ou hépatite C : des résultats plus ou moins concluants

L'efficacité de la silymarine dépend fortement du type de pathologie hépatique. C'est dans la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD ou NASH) que les bénéfices apparaissent les plus réguliers : plusieurs essais rapportent des baisses marquées des ALAT et ASAT, avec des durées de traitement allant de deux à dix-huit mois. Les auteurs soulignent la constance de ce signal à travers différentes études indépendantes.

À l'inverse, les patients atteints d'hépatite C chronique semblent peu répondre à la silymarine. Un essai de grande taille (154 patients), mené en double aveugle contre placebo, n'a montré aucun effet significatif, même à des dosages élevés de 420 et 700 mg trois fois par jour. Une méta-analyse antérieure (Yang et al., 2014, 389 participants) avait déjà conclu à l'absence de bénéfice sur les taux d'ALAT et la charge virale dans cette indication.

Le dosage, un facteur déterminant

Une posologie comprise entre 200 et 400 mg par jour est généralement considérée comme efficace pour les troubles hépatiques. Or, dans certains essais ayant rapporté une hausse des enzymes, les doses utilisées étaient inférieures à ce seuil, ce qui pourrait expliquer l'absence de bénéfice voire la progression de la maladie sous-jacente.

L'influence des comorbidités et des traitements associés

La présence de comorbidités — diabète, obésité, traitements concomitants — complique l'interprétation des résultats. Certains essais combinaient la silymarine avec d'autres interventions (vitamine E, exercice physique, traitements pharmacologiques), rendant difficile l'isolement de son effet propre.

Ce qu'il faut retenir — Cette revue de 29 essais cliniques confirme un signal encourageant en faveur de la silymarine pour la protection du foie, en particulier dans la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD ou NASH). Le dosage et la durée de la supplémentation jouent un rôle clé dans l'efficacité observée. Des études de plus grande envergure restent nécessaires pour préciser les indications optimales, notamment selon le type de pathologie hépatique. La silymarine ne se substitue pas aux traitements médicaux en cours : toute supplémentation doit être discutée avec l'équipe soignante.

Accompagner la santé du foie au quotidien

Au-delà de la supplémentation, la santé hépatique se construit aussi par des choix de vie quotidiens. Réduire l'exposition aux polluants (produits ménagers, cosmétiques conventionnels, aliments ultra-transformés), limiter la consommation d'alcool et pratiquer une activité physique régulière — même modérée comme la marche ou la natation — contribuent à soutenir les fonctions naturelles du foie.

L'Artichaut, un allié complémentaire. Les feuilles d'Artichaut (Cynara scolymus) contiennent de la cynarine, un composé qui stimule la production et l'évacuation de la bile. Cette double action, dite cholérétique et cholagogue, facilite la digestion des graisses et soutient la fonction hépatobiliaire. L'association Artichaut-Chardon-Marie est l'une des plus classiques en phytothérapie du foie, leurs mécanismes d'action étant complémentaires.

Hygiène de vie et cure détox. Dans le cadre d'une démarche globale, certaines plantes comme le Radis noir, le Desmodium ou le Romarin peuvent également être envisagées pour accompagner le foie, seules ou en association. Une cure détox dure généralement trois semaines maximum et doit rester mesurée. En cas de pathologie hépatique diagnostiquée ou de traitement en cours, un avis médical est indispensable avant de débuter toute cure de plantes ou de compléments alimentaires.

Bibliographie

Publication : Calderon Martinez, E., Herrera, D., Mogan, S., Hameed, Z., Jangda, A. A., Khan, T. J., Mroke, P., Sajid, S., Shah, Y. R., & Baig, I. (2023). Impact of silymarin supplements on liver enzyme levels: A systematic review. Cureus, 15(10), e47608. https://doi.org/10.7759/cureus.47608

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