Le Lactobacillus reuteri ne présente pas de danger aux doses recommandées chez l'adulte en bonne santé. L'espèce bénéficie du statut QPS (Qualified Presumption of Safety) de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), réévalué deux fois par an, et aucun effet secondaire grave n'a été rapporté dans les essais cliniques menés jusqu'à des doses de 100 milliards d'UFC par jour. Des inconforts digestifs transitoires (ballonnements, gaz) peuvent apparaître en début de cure, mais ils disparaissent généralement en quelques jours. Certaines populations — personnes immunodéprimées, prématurés, enfants de moins de 6 ans — nécessitent en revanche un avis médical préalable.
Cet article a été mis à jour le 12/05/2026Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés lors de la prise de Lactobacillus reuteri sont d'ordre digestif : ballonnements, flatulences, léger inconfort abdominal. Ils surviennent typiquement dans les premiers jours de la cure, le temps que le microbiote intestinal s'adapte à l'introduction de la nouvelle souche. Ces manifestations concernent une minorité d'utilisateurs et disparaissent spontanément, sans nécessiter l'arrêt de la supplémentation.
Les symptômes digestifs transitoires observés en début de cure ne diffèrent pas en nature ni en intensité de ceux décrits avec la plupart des probiotiques du genre Lactobacillus. Pour limiter ces inconforts, il est recommandé d'introduire progressivement des fibres prébiotiques dans l'alimentation (fruits, légumes, légumineuses) parallèlement à la prise du probiotique, afin de favoriser son implantation et de lisser la phase d'adaptation du microbiote.
L'espèce Limosilactobacillus reuteri (anciennement Lactobacillus reuteri) figure sur la liste QPS de l'EFSA, un statut qui lui est accordé sur la base de l'absence de préoccupation sanitaire identifiée dans la littérature scientifique. Ce statut est réexaminé deux fois par an par le panel BIOHAZ de l'EFSA : la mise à jour la plus récente, couvrant les notifications reçues jusqu'en septembre 2025, n'a identifié aucune information susceptible de modifier le statut de l'espèce.
L'obtention du statut QPS suppose que chaque souche utilisée satisfasse deux conditions : une identification taxonomique confirmée et l'absence de résistance acquise aux antibiotiques d'importance clinique. Pour les souches déposées en biobanque officielle (type CNCM, DSMZ ou ATCC), le séquençage génomique complet permet de vérifier l'absence de gènes de virulence (bases de données VFDB, Victors) et l'absence de gènes de résistance transférables. Les tests de concentration minimale inhibitrice (MIC) sont réalisés selon les recommandations EFSA et la norme ISO 10932, confirmant que la souche ne porte pas de résistances susceptibles d'être transférées à d'autres bactéries.
La tolérance de Lactobacillus reuteri a été évaluée sur des populations variées — nourrissons, enfants, adultes et personnes vivant avec le VIH — sans qu'aucun effet secondaire grave n'ait été signalé, y compris à des doses élevées.
Immunodépression sévère. Chez les patients immunodéprimés, les probiotiques — y compris les lactobacilles — peuvent théoriquement traverser la barrière intestinale et provoquer des infections systémiques (bactériémie). Des cas rares de bactériémie à Lactobacillus ont été documentés dans la littérature, presque toujours chez des patients présentant une pathologie sous-jacente grave : chirurgie récente, cathéter veineux central, pancréatite sévère. L'essai PROPATRIA, publié dans The Lancet en 2008, avait montré une surmortalité chez des patients atteints de pancréatite aiguë sévère supplémentés en probiotiques, ce qui a conduit à contre-indiquer formellement cet usage dans cette indication précise. Toute supplémentation en probiotiques chez un patient immunodéprimé exige un avis médical spécialisé.
Prématurés et nouveau-nés à risque. Chez les grands prématurés et les nourrissons hospitalisés en soins intensifs, notamment ceux nourris par sonde, le risque de translocation bactérienne est plus élevé du fait de l'immaturité de la barrière intestinale. La supplémentation en probiotiques dans ce contexte relève strictement de la décision médicale.
Enfants de moins de 6 ans. En l'absence de supervision médicale, la prise de compléments alimentaires à base de Lactobacillus reuteri est déconseillée chez les enfants de moins de 6 ans. Des études ont été menées chez le nourrisson, notamment dans le cadre de la colique infantile, mais sous contrôle médical et avec des dosages spécifiques adaptés à l'âge.
La prise concomitante de Lactobacillus reuteri et d'antibiotiques ne constitue pas une contre-indication. Les antibiotiques agissent de manière non sélective sur les bactéries, qu'elles soient pathogènes ou commensales, et peuvent donc réduire temporairement la viabilité du probiotique. Pour préserver l'efficacité de la supplémentation, il est recommandé d'espacer la prise du probiotique d'au moins deux heures par rapport à celle de l'antibiotique.
Plusieurs travaux ont montré que l'association d'un probiotique à un traitement antibiotique peut accompagner la recolonisation du microbiote et réduire certains effets indésirables du traitement, notamment les diarrhées associées aux antibiotiques. Dans le cas particulier de l'éradication d'Helicobacter pylori, l'adjonction de Lactobacillus reuteri au traitement standard a été associée à une meilleure tolérance du protocole, avec une réduction des nausées et des diarrhées. Ces résultats sont détaillés sur notre page consacrée aux probiotiques et antibiotiques, ainsi que sur notre page dédiée au Lactobacillus reuteri et Helicobacter pylori.
Grossesse et allaitement. Le Lactobacillus reuteri est naturellement présent dans le lait maternel et fait partie de la flore commensale de l'organisme humain. Les données disponibles ne signalent aucun effet indésirable spécifique chez la femme enceinte ou allaitante. Par mesure de précaution, un avis médical est toutefois recommandé avant toute supplémentation pendant ces périodes.
Surdosage. Aucun cas de surdosage n'a été rapporté dans la littérature scientifique aux doses couramment utilisées en supplémentation (1 à 100 milliards d'UFC par jour). Un dépassement ponctuel de la dose recommandée peut provoquer des inconforts digestifs passagers (ballonnements, selles molles), mais ne constitue pas un danger. Les probiotiques ne s'accumulent pas dans l'organisme : les bactéries excédentaires sont éliminées naturellement par le transit intestinal.
La sécurité d'un complément à base de Lactobacillus reuteri ne dépend pas uniquement de l'espèce utilisée : elle repose sur la qualité de la souche et de sa mise en forme galénique. Deux critères déterminent directement le profil de sécurité du produit.
Souche déposée en biobanque officielle (CNCM, DSMZ, ATCC), séquençage génomique complet, absence de gènes de virulence et de résistances transférables confirmée, statut QPS EFSA vérifié au niveau de la souche.
Souche nommée avec un code interne ou un numéro de dépôt, mais sans séquençage génomique publié ni vérification individuelle des gènes de virulence. La traçabilité repose sur les déclarations du fabricant.
Étiquetage mentionnant uniquement « Lactobacillus reuteri » sans code de souche ni dépôt en biobanque. Impossible de vérifier le profil de sécurité génomique, ni de s'assurer que la souche est reproductible d'un lot à l'autre.
Traçabilité et caractérisation de la souche. Une souche déposée en biobanque officielle (type CNCM, DSMZ ou ATCC) garantit une identité génétique stable d'un lot à l'autre. Le séquençage génomique complet permet de vérifier l'absence de gènes de virulence et de résistances aux antibiotiques transférables — deux conditions exigées par l'EFSA pour le statut QPS. Sans cette caractérisation, il est impossible de garantir le profil de sécurité de la souche, car deux souches de la même espèce peuvent différer significativement au niveau génomique.
Gélule gastro-résistante. La protection de la souche par une gélule résistante à l'acidité gastrique n'est pas un critère cosmétique : elle conditionne la quantité de bactéries vivantes qui atteignent effectivement l'intestin. Une gélule non gastro-résistante expose la souche à la dégradation par l'acide gastrique et la pepsine, ce qui réduit la dose réellement délivrée et peut nécessiter un dosage initial plus élevé pour compenser les pertes — avec un risque accru d'inconforts digestifs à l'initiation de la cure.
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Nathalie